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Sham

3 min | le 20/03/20

Délocalisation exceptionnelle de l'activité de chirurgie : quelles précautions prendre ?

La nécessité de libérer des lits de réanimation et de sanctuariser des espaces au bénéfice des patients infectés par le Covid-19, conduit certains établissements à délocaliser une partie de leur activité chirurgicale urgente et/ou semi-urgente vers d’autres établissements de santé, au moyen de la coopération.

Mis à jour le 26/03/2020.

Des chirurgiens de l’établissement dédié à la prise en charge du Covid sont ainsi amenés à opérer leurs patients au sein d’un autre établissement en collaboration avec les équipes chirurgicales et anesthésiques de cette nouvelle structure.

La communication entre les équipes soignantes

Dans cette situation, au-delà des risques habituellement rencontrés en chirurgie (risques infectieux, risques liés à la technique opératoire…) le facteur humain revêt une importance toute particulière.

En effet, des équipes ou des praticiens qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble, vont devoir se coordonner et appliquer le cas échéant, des procédures qui ne leur sont pas familières.

Aussi, il apparaît indispensable de préparer, en amont, cette collaboration et de veiller à une parfaite communication entre les équipes des deux établissements.

  • La mise en œuvre de techniques de briefing/debriefing voire de « pré-job briefing » pour faciliter les échanges entre professionnels d’établissements différents et leur permettre d’être bien en phase sur les techniques opératoires.
  • La transmission aux établissements au sein desquels les praticiens vont intervenir :
    - Des documents formalisés par l’établissement d’origine en matière de techniques opératoires et de matériels (fiches de préparation d’intervention, fiches de stérilisation détaillant la composition des boîtes par intervention et par chirurgien …)
    - Des protocoles et/ou conduite à tenir pour la surveillance infirmière des complications post-opératoires notamment si le praticien importe avec lui des interventions qui n’étaient pas auparavant réalisées dans l’établissement d’accueil. Dans cette hypothèse, des topos spécifiques ou des « mini-formations » peuvent être utilement dispensées par les praticiens aux personnels infirmiers en charge des surveillances post-opératoires.
  • La transmission aux praticiens concernés des informations relatives à la cellule de crise de l’établissement d’accueil et des numéros de téléphone « stratégiques » au sein de ce même établissement.
  • La création des code d’accès au bénéfice du chirurgien accueilli dans l’établissement, et sa formation à l’utilisation des logiciels de traçabilité s’ils diffèrent de ceux qu’il utilise habituellement.

La traçabilité des dossiers

Une attention particulière doit être portée à la traçabilité dans les dossiers des deux établissements de santé appelés à collaborer :

  • Traçabilité des motifs de la décision de transfert dans le dossier de l’établissement de départ.
  • Traçabilité des conditions de réalisation de l’intervention dans le dossier de l’établissement receveur.
  • Traçabilité de la parfaite information du patient sur ce transfert, ses modalités et les motifs de sa réorientation vers un autre établissement, dans les dossiers des deux établissements.

Plus tard, les retours d’expérience post-crise (REX, RMM) seront également extrêmement riches d’enseignement.