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Sham

4 min | Published le 17/12/20 - Dernière mise à jour le 02/03/21

Prévenir l’absentéisme, un enjeu majeur en contexte de crise sanitaire

La prévention des facteurs d’absentéisme est un point d’attention majeur pour les établissements de santé. Or, dans les faits, les difficultés sont encore nombreuses face à un phénomène protéiforme et les stratégies peuvent osciller entre des actions pas suffisamment centrées sur les causes organisationnelles ou bien trop centrées sur des leviers répressifs, dont l’efficience demeure discutable. Conjoncturellement, la crise sanitaire du COVID-19 met à jour un risque d’absentéisme plus actuel que jamais. Quelles orientations choisir ?

L’absentéisme peut renvoyer à des facteurs sociodémographiques (état de santé global, âge, situation personnelle…), des facteurs médicaux (usure professionnelle, pénibilité, conditions de travail…), des facteurs attitudinaux (motivation, sens, satisfaction au travail…) et des facteurs organisationnels (style de management, charge de travail, objectifs, autonomie…). Il s’agit donc de privilégier une approche systémique qui permette de penser l’absentéisme dans le cadre plus global de l’amélioration de la qualité de vie au travail (QVT) des salariés/agents.

En effet, prévenir les facteurs d’absentéisme par la QVT conduit à favoriser une approche développementale de l’organisation du travail. Celle-ci visera avant tout à déployer un projet qui intègre des axes d’amélioration relatifs non seulement à la prévention des risques, mais aussi à la gestion des emplois et des compétences. On peut évoquer la sécurisation des parcours professionnels, la professionnalisation des compétences managériales, l’accompagnement des changements ou encore la mise en dialogue du travail au quotidien.

Comment agir sur l'absentéisme ?

Agir sur l’absentéisme suppose un engagement de toutes les parties prenantes. Comment s’y prendre concrètement ? Renforcer sa politique de prévention de l’usure professionnelle, en agissant vraiment en amont des situations de travail repérées comme génératrices de pénibilité ou d’inaptitude. 

Les dispositifs de gestion du maintien dans l’emploi sont des leviers primordiaux, en particulier dans le secteur sanitaire et médico-social (au regard, par exemple, des qualifications et des conditions de travail). Mieux accompagner les situations de retour à l’emploi après un long arrêt de travail est un autre levier, qui offre la possibilité de réinterroger les situations de travail des agents/salariés (c’est le sens des dispositifs de ré-accueil, construits avec l’ensemble des acteurs de la prévention).

Enfin, anticiper les impacts organisationnels et humains des transformations peut contribuer à limiter le risque d’une augmentation de l’absentéisme après une réorganisation ou une mutualisation de service. 

Toutes les actions citées possèdent un dénominateur commun. Elles invitent à « prévenir plutôt que guérir », autrement dit à développer ou renforcer la capacité des établissements de santé à anticiper en mettant en place une véritable politique de prévention de la santé au travail, intégrée à leur démarche de gestion des risques et de la qualité, au même titre que les autres actions qui s’y inscrivent de manière plus traditionnelle.

La prévention de l'absentéisme en période de crise sanitaire

Ceci dit, la crise sanitaire traversée actuellement par les établissements de santé pose sans aucun doute de nouvelles questions en matière de prévention de l’absentéisme, au regard notamment des effets de la COVID-19 sur l’organisation du travail ou la santé psychique des agents/salariés. Le stress chronique, instauré par la mise sous tension dans la durée du système hospitalier, est un événement amplificateur et à ce titre, les défis sont nombreux. On peut évoquer la mise en place de mesures de prévention spécifiques :

  • la gestion des absences et des retours au travail pour les agents/salariés atteints par la COVID-19
  • l’intégration du télétravail et du management à distance
  • le soutien social et émotionnel des agents/salariés en situation de détresse (crise sanitaire, économique, sociale, son impact sur le lien social ou sur l’imaginaire collectif, élément organisateur du groupe professionnel) ou encore la réorganisation des routines (flux de patients, surcharge de travail…). 

En conséquence, la crise sanitaire actuelle invite plus que jamais à se pencher sur l’absentéisme et la qualité de vie au travail. C’est même une opportunité d’apprentissage qui offre plusieurs types de réponses :

  • mieux adapter les pratiques de gestion des ressources humaines
  • renforcer la réactivité des services de prévention
  • mettre à disposition des agents/salariés les outils et formations spécifiques
  • penser le déploiement du télétravail à l’échelle des services, des activités et des individus
  • adopter une stratégie de communication appropriée
  • agir sur la reconnaissance des efforts fournis durant cette période exceptionnelle.

A ce titre, reconnaitre l’engagement et la qualité du travail, pendant et en dehors de la crise sanitaire COVID-19, peut sans aucun doute être une manière intéressante et innovante de travailler à la réduction de l’absentéisme.

En savoir plus sur la communication dans les établissements de santé au temps du Covid-19

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