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Sham

5 min | Published le 15/06/21 - Dernière mise à jour le 26/07/21

Piloter votre démarche QV(C)T : quelques leviers et points de vigilance

La semaine de la QVT (14-18 juin 2021) est l’occasion de nous attarder sur les leviers favorisant l’implantation d’une stratégie QV(C)T et les points de vigilance.

Pour rappel :

L’ANI de 2013 définit la QVT comme un ensemble d’actions qui « permettent de concilier à la fois l’amélioration des conditions de travail et la performance globale, d’autant plus quand leurs organisations se transforment ». Elle place en son cœur plusieurs principes directeur, tels que : 

  • l’embarquement des salariés et des agents dans le « travail d’organisation » (au moyen d’une dynamique participative) ;
  • la réflexion continue autour de l’amélioration des conditions de travail ;
  • la logique d’expérimentation comme vecteur de l’innovation ;
  • la mise en dialogue professionnel des moyens d’action et de la qualité du travail.

L’avènement, depuis l’ANI de fin 2020 sur la santé au travail, de ce qu’il faut désormais appeler la QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail) offre une opportunité d’en finir avec les malentendus qui ont pu altérer la notion de QVT et de s’engager vers l’intégration d’une stratégie propre à chaque organisation, reposant sur des principes méthodologiques solides.

Les leviers favorisant l’implantation d’une stratégie QV(C)T

4 leviers sont en faveur d’une implantation réussie d’une démarche puis d’une stratégie intégrée QV(C)T. 

  • Une maturité de l’organisation autour des questions de santé au travail : chronologiquement, une réflexion autour du développement de la QV(C)T ne peut être amorcée tant qu’une évaluation des facteurs psychosociaux de risque au travail, qui en constitue finalement l’élément princeps et d’acculturation, n’a pas été réalisée. C’est donc un prérequis élémentaire.
  • Un consensus autour de la définition même de la QV(C)T : il est nécessaire que toutes les parties prenantes s’entendent sur ce qu’est véritablement la QV(C)T, sur les thématiques qu’elle aborde et sur sa méthodologie d’action « embarquée ». Autrement dit, il s’agit de contenir le risque d’aller spontanément vers des actions périphériques, pour se centrer sur celles visant l’amélioration des conditions de travail et d’emploi des travailleurs. Le sujet de la QV(C)T, c’est avant tout le travail.
  • Une approche structurée de la démarche QV(C)T : il s’agit d’appliquer une méthodologie précise, avec des étapes définies qui comportent un temps « diagnostic » (centré sur les pratiques existantes), un temps de formation des acteurs du dispositif et un temps d’expérimentations, ancrées dans le réel, sous la forme de groupes projets à taille humaine opérant selon le principe de subsidiarité.
  • L’acquisition progressive d’une légitimité stratégique, portée par une dynamique collective (Direction-Management-RH-IRP-Prévention) : au même titre que d’autres sujets, toute démarche QV(C)T doit s’intégrer progressivement à la planification stratégique d’une organisation, au même titre que d’autres démarches (ex. : démarche qualité ISO), ce afin de devenir une « approche réflexe », selon une logique d’amélioration continue, portée collectivement, comme tout projet impactant le travail.
     
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Les points de vigilance

En corollaire, on peut mettre en évidence 4 points de vigilance, que tout pilote ou animateur de démarche QV(C)T doit garder en perspective :

  • Engager une démarche QV(C)T trop ambitieuse et pas suffisamment calibrée aux moyens alloués : il est déconseillé de travailler sur la QV(C)T de manière globale et générale et il est judicieux de choisir, sur la base des premiers éléments de diagnostic et du référentiel, la ou les thématiques évaluées comme prioritaires puis de choisir un ou deux sujets concrets, les uns après les autres, plutôt que simultanément. Le risque est de se perdre, de ne pas aboutir, puis de démobiliser au final les acteurs.
  • Vouloir déployer rapidement des actions : une démarche QV(C)T prend du temps et l’aboutissement des premières actions se mesurent en mois. Il convient donc de ne pas précipiter la démarche, quitte à la reporter un peu si elle intervient en même temps qu’un autre projet mobilisateur (ex. : audit qualité).
  • Entreprendre une démarche QV(C)T sans dynamique paritaire : au regard de l’importance et de la nécessité d’embarquer les travailleurs dans les expérimentations, il est nécessaire que soient associées les Instances Représentatives du Personnel (CSE, CHSCT) afin de créer une dynamique vertueuse favorisant le décloisonnement.
  • Confondre démarche RPS et démarche QV(C)T : c’est sans doute l’obstacle le plus élémentaire. Chronologiquement, il semble difficile de se projeter dans une démarche QV(C)T sans avoir réalisé au préalable le minimum requis en matière de prévention des risques, au moyen de l’évaluation des facteurs RPS, qui demeure de plus une obligation. Celle-ci peut constituer un préalable, mais elle n’aborde pas de manière aussi systémique l’ensemble des sujets relatifs à l’amélioration des conditions de travail. Elle ne s’appuie pas non plus sur un référentiel prédéfini et prédictif qui indique les pratiques élémentaires à favoriser, pour chaque grande thématique composant la QV(C)T (évaluation de la charge de travail, conduite des transformations organisationnelles, maintien durable dans l’emploi, etc.). Il s’agit donc de deux démarches différentes, la prévention des risques (professionnels, psychosociaux) étant appelée à devenir, par imbrication, un des thèmes de la stratégie QV(C)T.
     

En gardant en ligne d’horizon ces leviers et points de vigilance précédemment développés, une organisation peut ainsi sécuriser son entrée dans la QV(C)T, qui lui permettra d’acquérir un niveau de maturité sur sa manière de manager le travail au quotidien et une capacité à innover. A ce titre, c’est aussi le dispositif idéal pour penser l’organisation du travail après la crise sanitaire.

En savoir plus sur les enjeux de santé au travail et de QVT

Les questions de qualité de vie au travail, le stress qui pèsent sur le personnel des établissements de santé, des hôpitaux et des établissements de santé social et médico-social, les problématiques d'usure professionnelle et de QVCT sont centrales pour les acteurs de la santé. Si cette thématique vous intéresse, n'hésitez pas à consulter les articles suivants, rédigés par nos experts :

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