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Sham

2 min | le 21/09/20

Les hôpitaux communautaires : une réponse concrète aux nouveaux besoins sanitaires italiens

Les hôpitaux communautaires représentent une solution innovante pour répondre aux nouveaux besoins d’assistance de la population, en particulier pour les patients atteints de pathologies chroniques et dégénératives : un « amortisseur » entre les personnes et les hôpitaux spécialisés, visant à garantir que les patients ne soient pas laissés à eux-mêmes dès qu’ils sortent de l’hôpital. 

La naissance de structures de soins intermédiaires, telles que l’hôpital communautaire, constitue une bonne réponse aux nouveaux besoins de santé de la population, puisqu’elles permettent d’assister les patients dans le respect des standards de qualité et de sécurité des soins, y compris à travers l’utilisation d’outils capables de gérer les risques liés à l’assistance et aux activités connexes. Ce modèle s’adresse principalement aux patients âgés de plus de 60 ans, et répond à la nécessité de traiter de la manière la mieux appropriée les problèmes de santé pouvant généralement être résolus à domicile, mais qui nécessitent toutefois un environnement de soins protégé pour les patients en conditions particulières de fragilité sociale et médicale. En particulier, l’hôpital communautaire est une structure résidentielle territoriale établie au sein des Plateformes Territoriales d’Assistance (PTA), qui s’inscrit entre l’hôpital pour pathologies aiguës, la Résidence Sanitaire Assistancielle (RSA) et l’Assistance à domicile intégrée (ADI). Une structure qui ne se pose pas en alternative, mais travaille plutôt en étroite collaboration avec les autres. En effet, l’adoption de ce type de programme d’assistance a pour principales caractéristiques le haut degré d’interdisciplinarité et d’intégration. Toute intervention prévoit d’impliquer le Médecin généraliste comme « principal référent et co-responsable de la prise en charge et du parcours diagnostique et thérapeutique le plus adapté au patient lui-même ». Cela permet de garantir la continuité des soins et la prise en charge du patient, des éléments fondamentaux pour une gestion efficace des pathologies chroniques et dégénératives.

Madame Maria Bernadette Di Sciascio, Directrice de l’Unité Opérationnelle Complexe (UOC) Qualité, Accréditation et Gestion des risques de l’ASL Lanciano Vasto Chieti, nous raconte l’expérience des hôpitaux communautaires, présents dans la Région des Abruzzes depuis 2012.

Quelles sont les zones territoriales impliquées dans le projet « Hôpital communautaire » de l’ASL Lanciano Vasto Chieti ?

L’ASL Lanciano Vasto Chieti a activé le projet d’hôpital communautaire au sein des Plateformes Territoriales d’Assistance (PTA) de Gissi (2012), Casoli (2015) et Guardiagrele (2017), afin de construire un réseau de services de santé extra hospitaliers.
La zone de référence de l’Agence de Santé Locale (ASL), très étendue, comprend 104 communes. Du fait qu’elle se caractérise par un territoire principalement vallonné et montagneux, différents problèmes de viabilité se posent, surtout dans les zones intérieures et de liaison avec les zones côtières. Compte tenu de cette configuration particulière du territoire, ces zones sont désavantagées du point de vue des services et, en particulier, des services de santé. En effet, pouvoir bénéficier de ces services nécessite souvent de se déplacer dans des zones limitrophes, ce qui provoque de nombreuses difficultés pour la population, en particulier pour les personnes âgées et les groupes les plus faibles, en raison également d’un service de transport public déficient, voire totalement absent dans certains cas. Donner ainsi la possibilité aux citoyens abruzzais de ne pas nécessairement rejoindre l’hôpital pour des pathologies aiguës, mais de trouver plutôt une offre sur le territoire, est un avantage qui permet à la fois de réduire les coûts et d’apporter aux patients davantage de bénéfices en termes de soins.
 

Quels sont les principaux résultats de ce projet ? ?

Depuis le lancement du projet d’hôpital communautaire à Casoli, par exemple, la fréquence des hospitalisations a connu une croissance constante au fil du temps, atteignant un total de 3 039 journées d’hospitalisation entre septembre 2015 et juin 2016. Plus de la moitié des patients hospitalisés proviennent de leur domicile, selon les indications de leur médecin généraliste. Ces hospitalisations dépendent principalement d’exigences diagnostiques et thérapeutiques liées à des pathologies chroniques. D’un point de vue clinique, les données révèlent l’efficacité des soins prodigués, si l’on tient compte du fait qu’après avoir terminé le programme d’assistance, 79 % des patients hospitalisés ont été renvoyés chez eux avec autant que possible un état de santé stabilisé ou amélioré. En revanche, 5 % des patients hospitalisés ont dû être transférés vers d’autres structures - résidences sanitaires assistancielles (RSA) et rééducation -, jugées plus aptes à gérer certaines situations d’assistance. Enfin, les décès sont principalement dus à une évolution naturelle de la maladie, généralement chez des patients en phase terminale.
En outre, tous les patients sortant de l’hôpital communautaire de Casoli sont pris en charge par un cabinet infirmier pour repérer les fragilités en soins ambulatoires.
Globalement, les résultats montrent un haut degré d’efficacité de la structure. Ces résultats démontrent ainsi que l’hôpital communautaire s’intègre et assure la continuité de l’assistance, que ce soit au domicile ou dans d’autres établissements de santé (urgences, services pour patients aigus, etc.).
 

Quels sont les principaux avantages de cette initiative ?

Sans aucun doute la possibilité de recevoir un plan d’assistance individuel qui favorise la qualité des soins. En règle générale, on vérifie la disponibilité du Médecin d’Assistance Primaire (MMG) et convoque une Unité d’Évaluation Multidimensionnelle (UVM). L’UVM évalue les besoins de santé et d’assistance et met en place un programme de soins personnalisé pour chaque patient, en définissant les modalités et les délais d’hospitalisation ainsi qu’un ensemble de soins et traitements spécifiques au patient. La mise en place de parcours intégrés d’assistance, avec l’implication du MMG dans la définition du parcours le plus adapté au patient - qu’il aura partagé avec les autres professionnels concernés - assure la continuité des soins entre les différents niveaux d’assistance et la prise en charge réelle du patient. L’utilisation de ces parcours d’assistance dans la pratique clinique permet de fournir une assistance adaptée et efficace, axée vers une amélioration continue de la qualité.
L’intégration est sans aucun doute un autre point fort de cette démarche, qui permet de consolider les rapports entre hôpital et territoire. Cette intégration accrue a également porté sur l’aspect procédural de tous les flux d’intervention et de communication, en favorisant les relations entre les différents professionnels des structures concernées, l’hôpital communautaire, l’hôpital pour pathologies aiguës et tous les districts, afin de créer un réseau renforcé sur le territoire et de garantir une meilleure sécurité des soins.
En outre, les hôpitaux communautaires de Guardiagrele et Casoli offrent la possibilité d’effectuer des consultations spécialisées à distance via les centres « Hub » des établissements, en évitant ainsi le déplacement des patients.
Un élément indispensable à la qualité et à la sécurité des soins est la continuité de l’assistance prodiguée, non seulement entre les différents niveaux d’assistance mais aussi au sein même de la structure. Outre la présence de personnel infirmier H24, indispensable pour gérer les pathologies nécessitant une assistance continue, il est fondamental pour la sécurité du patient de pouvoir affronter efficacement à tout moment les situations d’urgence, grâce à l’intégration entre médecins généralistes, continuité de l’assistance et Points de Première Intervention (PPI).
De plus, la possibilité pour les proches d’entrer librement et en présence du médecin généraliste permet une bien meilleure humanisation, grâce au fait que la personne se sent ainsi dans un environnement plus familier.
Nous avons en dernier lieu une réduction des coûts, puisqu’il s’agit de séjours à bas coûts, y compris en termes de journées d’hospitalisation, avec des durées ne dépassant généralement pas 15 jours.